mardi 24 juin 2008

Moët & Chandon Grand Vintage 2003 à la fête

Le Moët 2003 nous la joue Palace

Rendez vous est pris pour déguster le dernier millésime de Moët & Chandon à l'Hôtel Bristol à Paris.
Le millésime 2003 précèdera le 2002, une première chez Moët. Une coquetterie marketing ? Non, tout simplement une logique de dégustation assume Benoit Gouez, chef de cave de la Maison.
D’entrée, le Grand Vintage 2003 m' est servi. Une robe brillante, aux reflets or et argent , parsemée de fines bulles ( bravo pour les verres ! ). Au nez, le vin nous parle de rondeur et de volupté sur des arômes de fruits blancs compotés et de fruits secs légèrement toastés, une fraîcheur agrumée parachève mon examen . Superbe de finesse, pour un 2003, pensais-je ! En bouche, re-surprise, la finesse est toujours là sur une matière pleine et suave aux flaveurs de pêches, d’abricot et de poire. L’amertume finale à un goût de pamplemousse et de craie. La sensation est tactile entre la finesse des bulles et la minéralité latente. Divin ! Mais comment font-ils, concluais-je .
Nous continuons notre soirée à table autour d’un menu composé par le chef Eric Fréchon avec l’aide avisée de Jérôme Moreau, le chef sommelier de la Maison.

Grand Vintage 2003 et Carpaccio de Langoustine mariné au jus de carotte et fruit de la passion : Un mariage de raison qui met en avant la fraîcheur et la minéralité du 2003 et qui tranche avec le fruité exacerbé du vin.

Grand Vintage Collection 1995 et Papillote de foie gras de canard fumé aux huîtres, consommé infusé au thé vert : Un mariage « fumeux » qui associe les notes empyreumatiques du plat et du vin. Cela restera dans ma mémoire, comme un de meilleurs accords qui m’ai été donné de déguster à ce jour.

Grand Vintage Collection 1990 et Sole de sable farcie aux girolles, suc d’arête réduit à peine crémé au champagne Moët & Chandon : Le mariage est classique et quelque part rassurant. La rondeur du vin accompagne la rondeur de la sauce et les girolles accompagnent les notes champignonnées du vin. La sole est heureuse, nous aussi.

Grand Vintage Collection 1959 et Cochon fermier grillé, pomme de ratte écrasée, jus truffé : Un mariage d’affection pour ne pas dire religieux. Le vin retrouve une deuxième vie. J’adore l’audace de l’accord, la finesse et la sagesse du vin face à l’impétuosité rustique du plat.

Grand Vintage Collection 1976 et Pêche blanche en fine gelée de verveine, éclat de groseilles : Un mariage « je t’aime moi non plus ». Le vin, seul est sublime, le dessert seul est délicieux, les deux ensemble, se combattent et s’adorent. Il fallait le faire, ce n’était pas évident.

Merci à Moêt & Chandon, d’avoir cette classe rare, de baptiser un nouveau millésime de cette manière là. Bienvenue au nouveau bébé qui assume à merveille, une nouvelle philosophie et un nouveau style Moët.
Jean Michel Deluc

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